Archive pour la catégorie ‘Groupe de lecture’

L'espion qui croyait
 

L’Espion qui croyait s’attache à un aspect assez méconnu de la Seconde Guerre Mondiale : la résistance allemande au Nazisme. Plutôt que d’essayer de nous donner une vision globale et exhaustive, John Hendrix prend le parti d’une biographie graphique du pasteur Dietrich Bonhoeffer (04/02/1906 – 09/04/1945), une des figures de cette résistance ayant pris part aux tentatives d’assassinats d’Hitler. Le récit ici s’articule de manière chronologique avec une mise en parallèle des épisodes de la vie du pasteur Bonhoeffer et l’histoire de l’Allemagne.

Sur le plan du traitement graphique le livre fonctionne beaucoup sur un système en double pages où le texte vient se superposer au dessin. Nous avons d’ailleurs ici plus un roman graphique qu’une bande dessinée du fait du peu de pages découpées selon schéma classique « cases et phylactères ». Un autre élément qui peut dérouter le lecteur est le choix des couleurs : essentiellement une bichromie rouge et verte, rappelant les effets de stéréoscopie 3D.

Deux reproches que l’on pourrait faire à ce roman graphique. Le premier est la répétition quelque peu trop récurrente de l’expression « le monstre Hitler » (ce qu’il était). Cette dernière peut d’ailleurs sembler être, pour l’auteur, une assurance contre toute possible accusation d’apologie du Nazisme. Le second, plus anecdotique, est l’absence du lunettes stéréoscopiques qui auraient pu apporter une autre expérience de lecture.

L’Espion qui croyait est aussi un livre d’Histoire, résultat d’un riche travail de recherche, comme en témoigne la bibliographie en annexes. Cette densité historique prend le temps de se développer tout au long de ces plus de cent cinquante pages sans nuire à fluidité de la lecture. Elle rend le récit même plus passionnant encore et est une invitation à en savoir plus sur cette période.


L’espion qui croyait
Scénario et dessins : John Hendrix
Editions Steinkis – 184 pages

Chronique écrite par Thomas Regdosz

 
 
Les Sanson et l'Amateur de souffrances
 

Après une chute de cheval, le soldat Charles Samson est recueilli par une jeune femme, Marguerite. Alors qu’une relation se noue entre eux, Charles découvre que le père de Marguerite est bourreau, et qu’en épousant celle-ci, il héritera également de la fonction. C’est ainsi que débuta la dynastie des Sanson, la plus célèbre famille de bourreaux de l’histoire de France, s’étendant sur six générations.
Le premier tome de cette série nous propose un habile mélange de récit historique et de fantastique. Loin du cours magistral, le parcours du bourreau est romancé, et les éléments historiques sont distillés par petites touches au fil des planches, ajoutant du corps à l’histoire sans alourdir la narration. On en apprend ainsi sur les privilèges des bourreaux tels que le droit de havage. Les auteurs ont cependant ajouté un élément fantastique important avec le personnage mystérieux de « l’Amateur de souffrances ». Outre le fait qu’il permette de construire une trame globale qui va lier les destins des différentes générations de bourreaux, ce personnage introduit un questionnement sur la peine capitale, et permet d’humaniser les bourreaux en abordant des questions d’éthique et de morale.
Le traitement graphique sobre et jouant sur les ombrages colle bien à l’ambiance du récit, et l’alternance bien dosée entre éléments historiques et fantastiques nous donne envie de découvrir la suite de cette trilogie.


Les Sanson et l’Amateur de souffrances
Scénario : Patrick Mallet
Dessins : Boris Beuzelin
Éditions Vents d’Ouest – 96 pages

Chronique écrite par Timothée Lebrun

 
 
Malaterre
 

Gabriel Lesaffre est un salaud mais un bon salaud. Seul garçon d’une famille bourgeoise d’après guerre, Gabriel grandit en montrant une certaine réticence à toutes formes d’autorité. Ceci ne l’empêchera pas pour autant de trouver un poste de commercial et surtout sa femme Claudia, mère de ses trois enfants. Auprès d’elle, il modérera son goût pour l’alcool, les femmes et les affaires mais pour un temps seulement. Ses vieux démons auront tôt fait d’avoir raison de cette vie familiale trop tranquille. Après un divorce consommé et voulant regagner la gloire perdue de sa lignée, Gabriel rachète le domaine familiale et convainc ses deux aînés de le suivre et s’installer en Afrique. Les deux adolescents y découvriront la vie d’expatriés, la jungle, une certaine autonomie et peu à peu le vrai visage de leur père.

Après « Pereira prétend », Pierre-Henry Gomont nous embarque dans une saga familiale entre fiction et biographie en commençant par la mort de son personnage principal. La construction narrative tout en flash-back et courts chapitres crée une proximité et une empathie qui nous pousse à mieux comprendre les choix et vie de ce protagoniste hautement détestable.
Le dessin dynamique et envolé, à l’image de Gabriel en mouvement perpétuel, est appuyé par des couleurs puissantes et notamment une dominante verte qui rappelle la jungle luxuriante environnante.
La véritable justesse de la transcription des émotions ainsi que le soin particulier apporté à la mise en scène font de Malaterre un indispensable dans sa bédéthèque.


Malaterre
Scénario et dessins : Pierre-Henry Gomont
Dargaud – 192 pages

Chronique écrite par Julie Guimbelet

 
 
Spirou, l'espoir malgré tout
 

Imaginez votre quotidien bouleversé par l’invasion subite d’une armée étrangère. Nous sommes en Janvier 1940 à Bruxelles, l’Allemagne décide d’envahir la Belgique.
C’est ainsi que commence que ce premier tome, d’une série de quatre, de Spirou. Émile Bravo nous invite à suivre cet évènement dont on parle peu : L’invasion de la Belgique et comment le système nazi parvint à s’imposer. Loin du manichéisme, nous voyons au fil des pages l’incompréhension des populations et l’innocence de croire que, malgré la guerre, rien de terrible ne peut arriver. Émile Bravo réussit à rendre compte de l’ignorance dans laquelle les gens étaient tenus.

Sur fond de grande histoire, nous allons suivre les aventures de Spirou, qui tente de venir en aide à des amis et de savoir ce qu’il advient de sa fiancée en Allemagne. Ces aventures mettent en place une grande palette de personnages secondaires tous variés et intéressants dans leur réaction face à l’invasion allemande. Nous avons même l’opportunité de voir certains personnages évoluer et s’adapter face aux nouvelles règles imposées par la guerre.
Mais que serait Spirou sans Fantasio ? Ici nous avons un Fantasio qui montre comment un citoyen plein de bonnes volontés et naïf peut se faire duper par la propagande qui fut mise en place par le système nazi. Par ailleurs, les nombreuses discussions entre Spirou et Fantasio permettent d’introduire de nombreux débats intéressants.

C’est un premier tome dense, riche et enrichissant mais très bien réalisé. Les membres de l’association 9ème art en Vienne en recommandent la lecture !


Spirou – L’espoir malgré tout (première partie)
Scénario et dessins : Émile Bravo
Dupuis – 88 pages

Chronique écrite par Amélie Bacle

 
 

Voici la sélection de 5 ouvrages que l’association vous propose de lire en ce mois de février.

Groupe de lectures
« Hope One » – Tome 1 de ‘Fane
« Une maternité rouge » de Christian Lax
« Un été sans maman » de Grégory Panaccione
« Shipwreck » de Warren Ellis et Phil Hester
« The Black Holes » de Borja Gonzàlez

Rendez-vous le 06 mars à 20h au Biblio-café pour élire votre favori !

Voici la sélection de 5 ouvrages que l’association vous propose de lire en ce mois de janvier.

Groupe de lectures
« The Empire of Corpses » – Tome 1 de Project Itoh et Toh EnJoe’s
« Spirou – L’espoir malgré tout » de Emile Bravo
« X-Men Grand Design » de Ed Piskor
« L’orphelin de perdide » – Tome 1 de Régis Hautière et Adriàn
« Conan le Cimmérien – La fille du géant du ciel » de Robin Recht d’après Robert E. Howard

Rendez-vous le 06 février à 20h au Biblio-café pour élire votre favori !

Edmond
 

Adaptation en BD par Léonard Chemineau de la pièce de théâtre éponyme d’Alexis Michalik, cet ouvrage est consacré à la genèse de la plus célèbre pièce d’Edmond Rostand : Cyrano de Bergerac. Et si l’on pouvait craindre une représentation statique, cet album s’affranchit au contraire des contraintes théâtrales pour mieux jouer sur la pluralité des endroits et des protagonistes rencontrés, dans des pages hautes en couleurs où s’enchaînent mots d’esprit et situations rocambolesques à un rythme trépidant.
Les puristes pourront peut-être regretter que les événements soient altérés pour en faire un vaudeville véritable, sublimé par le format de la bande dessinée ; les autres lecteurs, quant à eux, auront envie d’y croire tout au long des 120 pages du livre et vibreront avec Edmond Rostand, sa famille, ses acteurs, et même ses illustres contemporains auteurs de théâtre. Comme dans tout bon vaudeville, l’engrenage est en marche dès le début, et malgré des pages denses mais dynamiques et une couverture dont l’austérité ne rend pas justice à son intérieur, on se laisse emporter jusqu’au tomber de rideau… ou jusqu’à la dernière page.


Edmond
Scénario et dessins : Léonard Chemineau, d’après Alexis Michalik
Rue de Sèvres – 116 pages

Chronique écrite par Florian R. Guillon (qui ne se contente pas de lire de la BD, il en écrit et en dessine aussi.)

 
 

Voici la sélection de 5 ouvrages que l’association vous propose de lire en ce mois de décembre.

Groupe de lectures
« La plus belle femme du monde » de William Roy et Sylvain Dorange
« L’avancée des travaux » de Etienne Davodeau
« Malaterre » de Pierre-Henry Gomont
« Charlotte impératice » – Tome 1 de Fabien Nury et Matthieu Bonhomme
« Atom Agency » de Yann et Olivier Schwartz

Rendez-vous le 09 janvier à 20h au Biblio-café pour élire votre favori ! (attention, exceptionnellement nous serons le 2ème mercredi du mois !)

Le signe des rêves
 

Entrepreneur japonais trop naïf, Takashi Kamoda perd son usine, puis son épouse le quitte. Désespéré, il erre seul avec sa fille, quand un oiseau lui apporte un mystérieux « signe des rêves » qui va les conduire jusqu’à Iyami, un énigmatique dandy francophile. Ce dernier va leur confier une mission périlleuse impliquant de se rendre jusqu’à Paris, au musée du Louvre.
Depuis plusieurs années, la collection Louvre-Futuropolis propose à des hauteurs d’horizons différents de donner leur vision du célèbre musée Parisien. C’est cette fois le Japonais Naoki Urasawa qui se frotte à l’exercice, avec un parti pris original : quelle serait la vision du Louvre pour un Japonais qui n’y a jamais mis les pieds ? En l’occurence celle d’Iyami, personnage d’escroc issu d’un manga humorique des années 60, culte au Japon mais inconnu en France. Cet individu haut en couleurs détonne dans l’univers d’Urasawa avec son look improbable et ses nombreux tics de langage, mais permet au lecteur de comprendre immédiatement que tous ses beaux discours sur la France et le Louvre sont issus de son imagination. Pour le reste, on reconnait bien la patte de l’auteur de « Monster » : des personnages attachants, un sens du rythme et du suspense, mais également un dessin et des mises en pages léchées, bien mis en valeur par le grand format de l’album.
Seul petit défaut de cette édition : celui d’avoir scindé l’histoire en deux volumes. Mais heureusement, le deuxième tome du diptyque est déjà disponible !


Mujirushi – Le signe des rêves (tome 1)
Scénario et dessins : Naoki Urasawa
Futuropolis/Louvre éditions – 144 pages

Chronique écrite par Paul Ferret

 
 

Voici la sélection de 5 ouvrages que l’association vous propose de lire en ce mois de septembre.

Groupe de lectures
« L’ogre amoureux » de Nicolas Dumontheuil
« L’homme qui traversait les montagnes » de Patrick Baud et Dred Druart
« Grateful Dead » – Tome 1 de Masato Hisa
« Mujirushi – Le signe des rêves » – Tome 1 de Naoki Urasawa
« Unholy Grail » – Tome 1 de Cullen Bunn et Mirko Colak

Rendez-vous le 03 octobre à 20h au Biblio-café pour élire votre favori !