Archive pour la catégorie ‘Groupe de lecture’

Edmond
 

Adaptation en BD par Léonard Chemineau de la pièce de théâtre éponyme d’Alexis Michalik, cet ouvrage est consacré à la genèse de la plus célèbre pièce d’Edmond Rostand : Cyrano de Bergerac. Et si l’on pouvait craindre une représentation statique, cet album s’affranchit au contraire des contraintes théâtrales pour mieux jouer sur la pluralité des endroits et des protagonistes rencontrés, dans des pages hautes en couleurs où s’enchaînent mots d’esprit et situations rocambolesques à un rythme trépidant.
Les puristes pourront peut-être regretter que les événements soient altérés pour en faire un vaudeville véritable, sublimé par le format de la bande dessinée ; les autres lecteurs, quant à eux, auront envie d’y croire tout au long des 120 pages du livre et vibreront avec Edmond Rostand, sa famille, ses acteurs, et même ses illustres contemporains auteurs de théâtre. Comme dans tout bon vaudeville, l’engrenage est en marche dès le début, et malgré des pages denses mais dynamiques et une couverture dont l’austérité ne rend pas justice à son intérieur, on se laisse emporter jusqu’au tomber de rideau… ou jusqu’à la dernière page.


Edmond
Scénario et dessins : Léonard Chemineau, d’après Alexis Michalik
Rue de Sèvres – 116 pages

Chronique écrite par Florian R. Guillon (qui ne se contente pas de lire de la BD, il en écrit et en dessine aussi.)

 
 

Voici la sélection de 5 ouvrages que l’association vous propose de lire en ce mois de décembre.

Groupe de lectures
« La plus belle femme du monde » de William Roy et Sylvain Dorange
« L’avancée des travaux » de Etienne Davodeau
« Malaterre » de Pierre-Henry Gomont
« Charlotte impératice » – Tome 1 de Fabien Nury et Matthieu Bonhomme
« Atom Agency » de Yann et Olivier Schwartz

Rendez-vous le 09 janvier à 20h au Biblio-café pour élire votre favori ! (attention, exceptionnellement nous serons le 2ème mercredi du mois !)

Le signe des rêves
 

Entrepreneur japonais trop naïf, Takashi Kamoda perd son usine, puis son épouse le quitte. Désespéré, il erre seul avec sa fille, quand un oiseau lui apporte un mystérieux « signe des rêves » qui va les conduire jusqu’à Iyami, un énigmatique dandy francophile. Ce dernier va leur confier une mission périlleuse impliquant de se rendre jusqu’à Paris, au musée du Louvre.
Depuis plusieurs années, la collection Louvre-Futuropolis propose à des hauteurs d’horizons différents de donner leur vision du célèbre musée Parisien. C’est cette fois le Japonais Naoki Urasawa qui se frotte à l’exercice, avec un parti pris original : quelle serait la vision du Louvre pour un Japonais qui n’y a jamais mis les pieds ? En l’occurence celle d’Iyami, personnage d’escroc issu d’un manga humorique des années 60, culte au Japon mais inconnu en France. Cet individu haut en couleurs détonne dans l’univers d’Urasawa avec son look improbable et ses nombreux tics de langage, mais permet au lecteur de comprendre immédiatement que tous ses beaux discours sur la France et le Louvre sont issus de son imagination. Pour le reste, on reconnait bien la patte de l’auteur de « Monster » : des personnages attachants, un sens du rythme et du suspense, mais également un dessin et des mises en pages léchées, bien mis en valeur par le grand format de l’album.
Seul petit défaut de cette édition : celui d’avoir scindé l’histoire en deux volumes. Mais heureusement, le deuxième tome du diptyque est déjà disponible !


Mujirushi – Le signe des rêves (tome 1)
Scénario et dessins : Naoki Urasawa
Futuropolis/Louvre éditions – 144 pages

Chronique écrite par Paul Ferret

 
 

Voici la sélection de 5 ouvrages que l’association vous propose de lire en ce mois de septembre.

Groupe de lectures
« L’ogre amoureux » de Nicolas Dumontheuil
« L’homme qui traversait les montagnes » de Patrick Baud et Dred Druart
« Grateful Dead » – Tome 1 de Masato Hisa
« Mujirushi – Le signe des rêves » – Tome 1 de Naoki Urasawa
« Unholy Grail » – Tome 1 de Cullen Bunn et Mirko Colak

Rendez-vous le 03 octobre à 20h au Biblio-café pour élire votre favori !

Poussin-bleu
 

Fluide Glacial se met à l’Heroic fantasy !
Cette rocambolesque bande dessinée va mettre en lumière la vie trépidante d’un poussin. Bleu. Ce mignon petit personnage, très innocent sur le monde qui l’entoure, va être choisi le jour de son 16e jourversaire pour être le champion de la déesse des animaux. Car oui, le roi des Dieux est mort, ses 7 enfants vont donc se battre pour savoir qui lui succèdera. Mais on est d’accord, faire couler du sang divin est un peu trop bestial et superflu, autant choisir d’autres êtres vivants qui lutteront à leur place : les fameux champions.

Poussin bleu prend son rôle de pourfendeur du mal très au sérieux. Il tente de sauver la veuve et les petits chatons orphelins dans ce monde de brutes. Il rêve d’une flamboyante armure en or. Il n’aura de sa déesse que le « don de parole ». Moins efficace que la salive d’acide ou les yeux lasers de ses adversaires, mais il s’en contentera. Quels vont être les défis que les dieux vont lui lancer ? Réussira t’il à surmonter les obstacles ?

Dans ce premier tome, Monsieur le Chien décline, planche par planche, de petites histoires iconoclastes qui suivent une ligne directrice : l’ascension d’un héros-poussin-bleu. C’est 56 pages de personnages hauts en couleurs, de surprises toujours renouvelées. Le graphisme est pimpant, situé à une juste limite entre le réaliste et le cartoonesque. Cet ouvrage burlesque et cruel (cruellement drôle) reprend les codes de l’humour absurde des Monty Python, rajoutant l’honneur et la camaraderie des « De cape et de crocs » (En prenant comme protagoniste principal un candide, mignon et courageux personnage qui n’est pas sans rappeler Eusèbe).

Poussin bleu est une perle, sa légende se propagera à travers toute la plèbe de rôlistes, bardes et autres lecteurs assidus. Il plaira sans aucun doute à tous les amateurs de second degré (de 12ème et de 36ème également), de dieux rouges à moitiés nus, de femmes de caractère, de Don Juan ratés, d’appâts humains recouverts de sauce, de canards cruels, de tueurs de licornes, de crabes ambitieux et de fiers gallinacés bleus de douze centimètres à la langue bien pendue.


Poussin-bleu tome 1 – L’armure d’or
Scénario et dessins : Monsieur le Chien
Éditions Fluide Glacial – 56 pages

Chronique écrite par Lisa Marteau

 
 
Locke & Key
 

Bienvenue dans le manoir de Keyhouse, en Nouvelle-Angleterre. C’est dans cette demeure familiale que Tyler, Kinsey et Bode viennent trouver refuge avec leur mère après une tragédie familale. Mais dans le pays de Lovecraft, une telle maison recèle de nombreux secrets pour qui saura les voir, et à mesure que les enfants trouvent les clés, de mystérieuses portes s’ouvrent à eux…

La réédition récente de « Locke & Key » est une excellente occasion de redécouvrir cette série de Joe Hill, auteur à succès, récompensé aussi bien pour ses romans que pour ses comics (Eisner Award 2011 du meilleur scénario).

Ce premier tome est un modèle du genre : il réussit à nous exposer progressivement les différents personnages tout en nous mettant directement au coeur de l’intrigue. Le dessin de Gabriel Rodriguez, dont le style peut sembler un peu daté au premier regard, se révèle terriblement efficace. La mise en scène accroche le lecteur jusqu’à la dernière page, et le laisse impatient de découvrir la suite… Fort heureusement, la réédition des six volumes de la série est prévue d’ici la fin de l’année. Une excellente nouvelle pour les amateurs de suspense et de fantastique !

Locke and Key tome 1 : Bienvenue à Lovecraft
Scénario : Joe Hill
Dessin : Gabriel Rodriguez
Éditions Hi Comics – 168 pages

Chronique écrite par Paul Ferret

 
 
Ceux qui restent
 

Etant enfant, n’avez-vous jamais rêvé de partir pour un monde peuplé d’êtres merveilleux et de vivre des aventures épiques ? A la manière de Wendy et de ses frères partis sauver le pays imaginaire, Ben, le fils unique des époux Hawkins disparait au beau milieu de la nuit sans laisser de traces.

Au lieu de suivre les aventures et l’émerveillement dans ce nouveau monde, cette bande dessinée vous propose de suivre les mésaventures des parents : ceux qui sont inquiets, ceux qui ont peur, ceux qui recherchent désespérément : bref, ceux qui restent… Car ce n’est pas une mince affaire que d’être les parents d’un enfant disparu. Au fil du temps, les soupçons de la police se renforcent, les accusations de médias à la recherche de sensationnel commencent à émerger, le regard de l’entourage change. Ainsi, la vie du couple Hawkins s’en trouve changée à jamais.

Cette histoire aux multiples tribulations est portée par un dessin simple et une palette de couleurs pastel plongeant le lecteur dans une ambiance à la fois doucereuse et mélancolique. Cette BD prend le contre-pied des contes merveilleux habituels et ne manquera pas de vous surprendre dans sa sincérité et dans le renversement des conventions du genre.

Ceux qui restent
Scénario : Josep Busquet
Dessin et couleur : Alex Xöul
Editions Delcourt – 128 pages

Chronique écrite par Florian Lapalus

 
 

Voici la sélection de 5 ouvrages que l’association vous propose de lire en ce mois de juin.

Groupe de lectures
« Firefly » – Tome 1 de Ryukishi07 et Nokuto Koike
« Road Therapy » de Louis et Marty
« Bluebells Wood » de Guillaume Sorel
« Codine » de Jaques Baujard et Simon Géliot, d’après Panaït Istrati
« Locke & Key » – Tome 1 de Joe Hill et Gabriel Rodriguez

Rendez-vous le 04 juillet à 20h au Biblio-café pour élire votre favori !

12 heures plus tard
 
Connaissez-vous Rebbibia ? Quartier périphérique de Rome, connu principalement pour sa station de métro et sa population défavorisée, ce n’est pas vraiment le moment de le découvrir. Il sert dorénavant de refuge aux derniers survivants de l’invasion Zombie qui s’est abattue sur la Cité Eternelle. Et, parmi eux, on retrouve le héros habituel de Zerocalcare : lui-même, accompagné de son complice de toujours, Secco, sorte de Sancho Panza dopé aux gâteaux industriels périmés, de Katja, jeune fille mystérieuse dont on ne dévoilera pas le secret (spoiler : il s’agit d’amour) et d’un sanglier libidineux mais correct (« Rain Man version obsédé sexuel »).

L’album, assez léger en comparaison de la production ultérieure de l’auteur, offre une lecture assez complexe et haletante. Composé de plusieurs strates narratives, le récit alterne divers épisodes de l’invasion en mélangeant les histoires intimes, l’action post-apocalyptique, le guide touristique d’une zone sinistrée et le suspense médical. Le dessin emprunte à la fois au manga et à la fougue des supporters de l’AS Roma et l’intrigue est truffée de références aux dessins animés, aux jeux vidéo et à la culture populaire romaine. Ainsi, l’on apprend que Ken le Survivant peut servir de guide spirituel dans la vie et que Peppa Pig et les Chevaliers du Zodiaque sont de bon secours en cas de dilemme moral. Enfin, les zombies servent surtout de faire-valoir aux héros, et se font dézinguer par paquets de douze sans ralentir l’histoire.

12 heures après est une bonne introduction morte-vivante à l’univers de Zerocalcare, un auteur superstar en Italie, issu de la scène punk et qui quitte rarement les faubourgs de Rome, sauf pour se rendre dans les zones en guerre (lire le fabuleux Kobane Calling). Son nom d’artiste est tiré d’une marque de nettoyant ménager, ce qui devrait achever de vous convaincre.

12 heures plus tard
Scénario et dessin : Zerocalcare
Editions Cambourbakis – 112 pages

Chronique écrite par Jérôme Basiorek

 
 

Voici la sélection de 5 ouvrages que l’association vous propose de lire en ce mois de mai.

Groupe de lectures
« Hawkeye » – Tome 1 de Kelly Thompson, Léonardo Romero et Michael Walsh
« 12 heures plus tard » de Zerocalcare
« Fondation Z » de Lebeault et Filippi
« Dieu Point Zéro » de James et Boris Miroir
« L’atelier des sorciers » – Tome 1 de Kakome Shirahama

Rendez-vous le 06 juin à 20h au Biblio-café pour élire votre favori !