Archive pour la catégorie ‘Groupe de lecture’

Locke & Key
 

Bienvenue dans le manoir de Keyhouse, en Nouvelle-Angleterre. C’est dans cette demeure familiale que Tyler, Kinsey et Bode viennent trouver refuge avec leur mère après une tragédie familale. Mais dans le pays de Lovecraft, une telle maison recèle de nombreux secrets pour qui saura les voir, et à mesure que les enfants trouvent les clés, de mystérieuses portes s’ouvrent à eux…

La réédition récente de « Locke & Key » est une excellente occasion de redécouvrir cette série de Joe Hill, auteur à succès, récompensé aussi bien pour ses romans que pour ses comics (Eisner Award 2011 du meilleur scénario).

Ce premier tome est un modèle du genre : il réussit à nous exposer progressivement les différents personnages tout en nous mettant directement au coeur de l’intrigue. Le dessin de Gabriel Rodriguez, dont le style peut sembler un peu daté au premier regard, se révèle terriblement efficace. La mise en scène accroche le lecteur jusqu’à la dernière page, et le laisse impatient de découvrir la suite… Fort heureusement, la réédition des six volumes de la série est prévue d’ici la fin de l’année. Une excellente nouvelle pour les amateurs de suspense et de fantastique !

Locke and Key tome 1 : Bienvenue à Lovecraft
Scénario : Joe Hill
Dessin : Gabriel Rodriguez
Éditions Hi Comics – 168 pages

Chronique écrite par Paul Ferret

 
 
Ceux qui restent
 

Etant enfant, n’avez-vous jamais rêvé de partir pour un monde peuplé d’êtres merveilleux et de vivre des aventures épiques ? A la manière de Wendy et de ses frères partis sauver le pays imaginaire, Ben, le fils unique des époux Hawkins disparait au beau milieu de la nuit sans laisser de traces.

Au lieu de suivre les aventures et l’émerveillement dans ce nouveau monde, cette bande dessinée vous propose de suivre les mésaventures des parents : ceux qui sont inquiets, ceux qui ont peur, ceux qui recherchent désespérément : bref, ceux qui restent… Car ce n’est pas une mince affaire que d’être les parents d’un enfant disparu. Au fil du temps, les soupçons de la police se renforcent, les accusations de médias à la recherche de sensationnel commencent à émerger, le regard de l’entourage change. Ainsi, la vie du couple Hawkins s’en trouve changée à jamais.

Cette histoire aux multiples tribulations est portée par un dessin simple et une palette de couleurs pastel plongeant le lecteur dans une ambiance à la fois doucereuse et mélancolique. Cette BD prend le contre-pied des contes merveilleux habituels et ne manquera pas de vous surprendre dans sa sincérité et dans le renversement des conventions du genre.

Ceux qui restent
Scénario : Josep Busquet
Dessin et couleur : Alex Xöul
Editions Delcourt – 128 pages

Chronique écrite par Florian Lapalus

 
 

Voici la sélection de 5 ouvrages que l’association vous propose de lire en ce mois de juin.

Groupe de lectures
« Firefly » – Tome 1 de Ryukishi07 et Nokuto Koike
« Road Therapy » de Louis et Marty
« Bluebells Wood » de Guillaume Sorel
« Codine » de Jaques Baujard et Simon Géliot, d’après Panaït Istrati
« Locke & Key » – Tome 1 de Joe Hill et Gabriel Rodriguez

Rendez-vous le 04 juillet à 20h au Biblio-café pour élire votre favori !

12 heures plus tard
 
Connaissez-vous Rebbibia ? Quartier périphérique de Rome, connu principalement pour sa station de métro et sa population défavorisée, ce n’est pas vraiment le moment de le découvrir. Il sert dorénavant de refuge aux derniers survivants de l’invasion Zombie qui s’est abattue sur la Cité Eternelle. Et, parmi eux, on retrouve le héros habituel de Zerocalcare : lui-même, accompagné de son complice de toujours, Secco, sorte de Sancho Panza dopé aux gâteaux industriels périmés, de Katja, jeune fille mystérieuse dont on ne dévoilera pas le secret (spoiler : il s’agit d’amour) et d’un sanglier libidineux mais correct (« Rain Man version obsédé sexuel »).

L’album, assez léger en comparaison de la production ultérieure de l’auteur, offre une lecture assez complexe et haletante. Composé de plusieurs strates narratives, le récit alterne divers épisodes de l’invasion en mélangeant les histoires intimes, l’action post-apocalyptique, le guide touristique d’une zone sinistrée et le suspense médical. Le dessin emprunte à la fois au manga et à la fougue des supporters de l’AS Roma et l’intrigue est truffée de références aux dessins animés, aux jeux vidéo et à la culture populaire romaine. Ainsi, l’on apprend que Ken le Survivant peut servir de guide spirituel dans la vie et que Peppa Pig et les Chevaliers du Zodiaque sont de bon secours en cas de dilemme moral. Enfin, les zombies servent surtout de faire-valoir aux héros, et se font dézinguer par paquets de douze sans ralentir l’histoire.

12 heures après est une bonne introduction morte-vivante à l’univers de Zerocalcare, un auteur superstar en Italie, issu de la scène punk et qui quitte rarement les faubourgs de Rome, sauf pour se rendre dans les zones en guerre (lire le fabuleux Kobane Calling). Son nom d’artiste est tiré d’une marque de nettoyant ménager, ce qui devrait achever de vous convaincre.

12 heures plus tard
Scénario et dessin : Zerocalcare
Editions Cambourbakis – 112 pages

Chronique écrite par Jérôme Basiorek

 
 

Voici la sélection de 5 ouvrages que l’association vous propose de lire en ce mois de mai.

Groupe de lectures
« Hawkeye » – Tome 1 de Kelly Thompson, Léonardo Romero et Michael Walsh
« 12 heures plus tard » de Zerocalcare
« Fondation Z » de Lebeault et Filippi
« Dieu Point Zéro » de James et Boris Miroir
« L’atelier des sorciers » – Tome 1 de Kakome Shirahama

Rendez-vous le 06 juin à 20h au Biblio-café pour élire votre favori !

Contes ordinaires
 

Cette bande dessinée d’Ersin Karabulut, satiriste turc dont c’est le premier album publié en France, réunit quinze contes qui ne sont pas des contes de fées, et qui ne sont pas à mettre entre toutes les mains. Les thématiques sont diverses (histoire d’amour avec une maladie, cannibalisme, inceste, sacrifices pour la gloire et la richesse) mais ont quand même en commun de dépeindre, dans leur majorité, une société résignée à son propre sort, dont l’échappatoire est une illusion, et l’espoir une porte entrouverte pour mieux être refermée aussi sec.
Dans ces récits, les personnages se déforment et deviennent aussi laids que la société les rend, un effet mis en exergue par un graphisme maîtrisé de bout en bout et un scénario utilisant avec justesse les codes du fantastique et de la dystopie pour mieux nous parler de notre monde.
Une lecture aussi fascinante que dérangeante, un regard désabusé, lucide, et parfois étrangement comique et incongru de la société moderne ou de la vision du futur de celle-ci. Un humour noir au service de la bizarrerie pour mieux nous parler de nous.

Contes ordinaires d’une société résignée
Scénario et dessin : Ersin Karabulut
Editions Fluide Glacial – 80 pages

Chronique écrite par Florian R. Guillon (qui ne se contente pas de lire de la BD, il en écrit et en dessine aussi.)

 
 

Voici la sélection de 5 ouvrages que l’association vous propose de lire en ce mois d’avril.

Groupe de lectures
« Le Troisième Fils de Rome » – Tome 1 de Laurent Moenard et Stefano Martino
« Le Suaire » – Tome 1 de Gérard Mordillat, Jérôme Prieur et Eric Libergé
« Hillbilly » de Eric Powell
« Ceux qui restent » de Josep Busquet et Alex Xöul
« Une douce odeur de café » de Naoto Yamakawa

Rendez-vous le 02 mai à 20h au Biblio-café pour élire votre favori !

Souvenirs d'Emanon
 

Sur la superbe couverture de cet album, on découvre Emanon, une jeune fille qui a la particularité de porter toute la mémoire du monde depuis qu’il y a la vie sur Terre. Lors d’un voyage en bateau entre les îles du Japon, elle rencontre un jeune garçon, et tous deux discutent et tentent de trouver un sens à sa mémoire. Ils échangent leurs théories qui voyagent entre la philosophie et la mythologie. Ainsi, le lecteur se laisse emporter par ce double voyage, au sens propre et au figuré.
La narration est très fluide, avec un bon équilibre entre les pauses et l’action, alternant les moments contemplatifs sans texte et les dialogues complexes et pleins de références. Si on voit les indices d’une histoire d’amour, celle-ci n’arrive jamais à commencer – du moins dans le sens que nous, mortels avec une mémoire circonscrite à quelques années, l’entendons. Comme dit Emanon : « Quand on a l’éternité, il n’y a pas de différence entre dix années ou quelques heures ».
L’auteur ne nous livre pas de conclusion qui explique tout, mais nous laisse avec la certitude d’une perpétuelle continuation (de mère à fille ad infinitum) qui nous laisse dans l’interrogation.

Souvenirs d’Emanon
Scénario et dessin : Kenji Tsuruta
Editions Ki-Oon – 172 pages

Chronique écrite par Ricardo Cabrita

 
 

Voici la sélection de 5 ouvrages que l’association vous propose de lire en ce mois de mars.

Groupe de lectures

« Turing » de Robert Deutch
« Contes ordinaires d’une société résignée » de Ersin Karabulut
« Mon petit Ponant » de Nicoby
« Ballistic » de Adam Egypt Mortimer et Darick Robertson
« Wonderland » – Tome 1 de Yugo Ishikawa

Rendez-vous le 04 avril à 20h au Biblio-café pour élire votre favori !

Black Hammer
 

Comment accepter le quotidien et se fondre dans la normalité lorsque l’on a connu autrefois une vie extraordinaire ? Tel est le défi à relever chaque jour par Abraham et sa « famille », puisque celle-ci n’en est une qu’en apparences seulement. En réalité, il s’agit d’un groupe de super-héros venus d’un monde parallèle et prisonnier du notre depuis dix ans, à la suite d’un cataclysme multidimensionnel.

Ce premier tome se charge de poser les bases de cet univers, cela en consacrant un chapitre à chacun des personnages. Jamais ce choix de construction narrative ne vient gêner notre lecture. Bien que mettant en avant un membre en particulier dans son quotidien, mais aussi au travers de flashbacks, les autres ne sont pas pour autant absents. Peu à peu se construit sous nos yeux le portrait de cette famille dysfonctionnelle. Cependant, le véritable tour de force narratif de ce premier est la quasi absence du personnage de Black Hammer : on aurait pu le penser central mais il ne fait que quelques apparitions.

Récompensé comme « Meilleure Nouvelle Série » lors des derniers Eisner Awards, Black Hammer est un hommage aux comics dans toute leur histoire et leur variété de genres. Les lecteurs les plus avertis relèveront ici ou là des références à tel ou tel super-héros, mais ces dernières ne gêneront pas pour autant un lecteur ne disposant pas de ces clés de lectures. L’hommage est aussi présent dans les choix graphiques de Dean Ormston, dans un style très rétro-futuriste et adoptant par moment une gamme de couleurs assez vives qui n’est pas sans rappeler celles des comics des années 60.

Avec ce véritable travail d’appropriation des codes et de l’Histoire des comics, bien au delà de l’hommage, « Black Hammer : Origines secrètes » pose les bases d’un univers super-héroïque tout à la fois familier et nouveau. Par là même, ce premier tome nous démontre que Jeff Lemire est tout aussi doué comme scénariste que comme dessinateur. Déjà Coup de Cœur avec « Trilium » : il rejoint donc les frères Ba et Moon ainsi que Brüno au rang des auteurs primés deux fois par le Groupe de Lecture.

Black Hammer T1 : Origines Secrètes
Scénario : Jeff Lemire
Dessin : Dean Ormston
Editions Ubran Comics – 200 pages

Chronique écrite par Thomas Regdosz