« Moi, assassin » nous propose de suivre Enrique Rodríguez Ramírez, professeur d’Histoire de l’Art à l’université du Pays Basque le jour et assassin la nuit.
En effet, la cinquantaine passée, il est considéré comme une pointure dans son champ de recherche académique : la représentation du supplice dans la peinture occidentale. Il est d’ailleurs en passe d’en diriger un groupe d’étude. Mais cette passion est accompagnée d’une autre, moins avouable : l’assassinat érigé au rang d’Art.
Servi par un travail magnifique de noir et blanc rehaussé de quelques touches de rouge, cette histoire nous tient en haleine et nous dérange tant le personnage transpire en fait la normalité : il n’est ni beau, ni laid, à une vie de professeur certes passionné mais assez ordinaire, se bat pour obtenir des subventions pour ses recherches, navigue au milieu de collègues envieux…
Et il tue des gens. Pas par compulsion ou par avidité, non, mais par amour de l’Art. Un amour tordu mais raisonné que le personnage tente de nous faire partager en nous présentant chaque assassinat, chacun des détails de ses mises en scène, chaque pensée menant à leur élaboration, à la manière réellement d’un artiste composant une œuvre.
A la fois banale et dérangée, la vie de cet artiste tentant de nous convaincre de la légitimité de son matériau – la mort et sa mise en scène – nous fait ressortir de cette lecture troublé mais fasciné.

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