Racket

Racket nous conte un fait divers tragique, où une adolescente se fait agresser et poignarder pour un simple vol de téléphone portable. Après être parvenue à rentrer chez elle, elle s’effondre dans les bras de son père et tombe dans le coma, où elle devra livrer bataille contre ses propres peurs.
Dessinateur touche à tout ayant travaillé entre autres pour le cinéma et la publicité, Stéphane Levallois nous livre une oeuvre originale tant sur le fond que sur la forme. En effet, l’auteur a choisi de réaliser entièrement son album sur des carnets de story-board, s’imposant ainsi l’utilisation des cases déjà définies. Le récit est intégralement muet, et alterne les dessins à l’encre de chine et à l’aquarelle, retranscrivant aussi bien la souffrance du père au chevet de sa fille que l’univers étrange et onirique dans lequel cette dernière lutte pour sa survie. L’auteur sait tirer avantage du format story-board pour insuffler du rythme au récit et donner du mouvement à ses personnages, et finit par s’affranchir des contraintes des pages lorsque le récit bascule pleinement dans le fantastique.
Si le sujet du coma a déjà été traité tout récemment dans « Quand vous pensiez que j’étais mort », chez le même éditeur, l’angle choisi par l’auteur est ici radicalement différent : Là où Mathieu Blanchin nous livrait un témoignage autobiographique étonnant, Stéphane Levallois opte pour une fiction dynamique, et le lecteur se laisse happer par ce récit dont les 312 pages se lisent d’une seule traite.

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