Contes ordinaires
 

Cette bande dessinée d’Ersin Karabulut, satiriste turc dont c’est le premier album publié en France, réunit quinze contes qui ne sont pas des contes de fées, et qui ne sont pas à mettre entre toutes les mains. Les thématiques sont diverses (histoire d’amour avec une maladie, cannibalisme, inceste, sacrifices pour la gloire et la richesse) mais ont quand même en commun de dépeindre, dans leur majorité, une société résignée à son propre sort, dont l’échappatoire est une illusion, et l’espoir une porte entrouverte pour mieux être refermée aussi sec.
Dans ces récits, les personnages se déforment et deviennent aussi laids que la société les rend, un effet mis en exergue par un graphisme maîtrisé de bout en bout et un scénario utilisant avec justesse les codes du fantastique et de la dystopie pour mieux nous parler de notre monde.
Une lecture aussi fascinante que dérangeante, un regard désabusé, lucide, et parfois étrangement comique et incongru de la société moderne ou de la vision du futur de celle-ci. Un humour noir au service de la bizarrerie pour mieux nous parler de nous.

Contes ordinaires d’une société résignée
Scénario et dessin : Ersin Karabulut
Editions Fluide Glacial – 80 pages

Chronique écrite par Florian R. Guillon (qui ne se contente pas de lire de la BD, il en écrit et en dessine aussi.)

 
 

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