Malaterre
 

Gabriel Lesaffre est un salaud mais un bon salaud. Seul garçon d’une famille bourgeoise d’après guerre, Gabriel grandit en montrant une certaine réticence à toutes formes d’autorité. Ceci ne l’empêchera pas pour autant de trouver un poste de commercial et surtout sa femme Claudia, mère de ses trois enfants. Auprès d’elle, il modérera son goût pour l’alcool, les femmes et les affaires mais pour un temps seulement. Ses vieux démons auront tôt fait d’avoir raison de cette vie familiale trop tranquille. Après un divorce consommé et voulant regagner la gloire perdue de sa lignée, Gabriel rachète le domaine familiale et convainc ses deux aînés de le suivre et s’installer en Afrique. Les deux adolescents y découvriront la vie d’expatriés, la jungle, une certaine autonomie et peu à peu le vrai visage de leur père.

Après « Pereira prétend », Pierre-Henry Gomont nous embarque dans une saga familiale entre fiction et biographie en commençant par la mort de son personnage principal. La construction narrative tout en flash-back et courts chapitres crée une proximité et une empathie qui nous pousse à mieux comprendre les choix et vie de ce protagoniste hautement détestable.
Le dessin dynamique et envolé, à l’image de Gabriel en mouvement perpétuel, est appuyé par des couleurs puissantes et notamment une dominante verte qui rappelle la jungle luxuriante environnante.
La véritable justesse de la transcription des émotions ainsi que le soin particulier apporté à la mise en scène font de Malaterre un indispensable dans sa bédéthèque.


Malaterre
Scénario et dessins : Pierre-Henry Gomont
Dargaud – 192 pages

Chronique écrite par Julie Guimbelet

 
 

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